La maquette du monument faisant 1,50m de haut est présenté à l'Acamédy en 1904 en tant que soumission étudiante depuis Rome et a été montré à l'Ecole des Beaux-Arts en 1906 mais n'a pas été bien reçu.
La version finale du projet reçoit un accueil mitigé. Plusieurs critiques reprochent à Bouchard un réalisme trop marqué, jugé éloigné des idéaux de beauté grecque et romaine. Son œuvre est même accusée d’imiter le style de Constantin Meunier. À une époque où la question ouvrière devient aussi un sujet politique sensible, représenter des travailleurs et le monde ouvrier, sans le travestir, peut être perçu comme un geste de contestation. En se rapprochant du monde ouvrier et en le rendant digne et humble, Bouchard s’expose aux critiques, ce qui explique sans doute l’abandon de certains projets jugés trop sociaux
En 1910, Paul Vitry publia l'oeuvre dans Art et Décoration, mais l'article n'a pas été très efficace en tant que publicité et l'idée d'un monument Tribune pour les ouvrier n'a pas donné suite.
le style de Bouchard changea quelques année après la conception de la Tribune en plein air. En effet en 1909, une compétition entre sculpteur avait été lancé pour réaliser à Genève le Monument de la Réformation. Il fut séléctionné avec comme architecte Lavarrière and Taillens, Monods and Dubois. Cette pièce monumentale n'exploitent pas non plus les allégorie ou le symbolisme. En revanche le style de Bouchard changea rapidement pour s'éloigner du naturalisme et rapporcher ses formes plus plates avec des arêtes plus géométrique, des angles, donnant au modèle une grande stabilité et monumentalisation.
Monument international de la Réformation (Mur des Réformateurs), 1909-1917, 100m, Pierre de Pouillenay, bas-reliefs et statues, Alphonse Laverrière, Jean Taillens, Eugène Monod, Charles Dubois. Sculpteurs : Henri Bouchard et Paul Landowski, Genève
Ainsi en ayant changé de style, Bouchard abandonne définitivement le projet de Tribune. Par ailleurs, comme expliqué précédemment, dans un contexte de tension sociale il était dfifficil pour l'Etat de financer ce genre de monument.
Bouchar continue tout de même à sculpter des figures individuelle de paysans mais dans des objects personnel et plus jamais dans l'idée de créer un monument.
D'autres oeuvres peuvent être comprée au projet de Tribune mais ne prirent jamais la même ampleur en tant que monument global et imposant. Le travail manquait de profondeur d'expression. Les descriptions physiques des ouvriers devenait même caricaturale et s'éloignait de la réalité.
On peut citer le monumental escalier érigé dans le hall du 5e Arrondissement de Paris, 5 Place du Panthéon. 7 artistes ont été commissionné pour créer 7 sculpture d'ouvriers. Le résultat manque d'unité de style et il est difficil d'en comprendre le raisonnement derrière l'oeuvre. On peut toujours noter la persistance de ce type de sujet dans les années 1920.